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« QUE FAIRE À PART PLEURER ? »

  Notre journaliste mode Sylvia Jorif a réagi à chaud sur les réseaux sociaux à l’annonce de l’attentat de « Charlie Hebdo » mercredi soir. Découvrez son texte en hommage à la liberté d’expression.
« Que faire à part pleurer ? »

photo: robe de soirée longue pas cher

Ce matin, je regardais mes mails, assez désinvolte, je dois dire. Une présentation, un cocktail à venir, un save the date pour un défilé, tout en écoutant la radio… Arrive ce moment incertain et qui sera fatalement chargé de drame, quand on entend un journaliste qui s’embrouille et une rédaction qui s’affole parce qu’elle ne maîtrise pas encore ce qu’elle doit annoncer… Et l’on pressent, très vite que les prochaines heures d’infos seront horribles. Car lorsqu’un journaliste perd ses mots et ne sait comment occuper l’espace du temps et de la feuille, ce qui va se dérouler est un événement indicible, si infernalement troublant que les mots sont inutiles. Je suis restée stupéfaite, collée à ma radio, sans regarder d’images, suspendue à des voix urgentes de journalistes qui annonçaient des faits, et qui au détour d’une pause impossible à maîtriser, avouaient qu’elles connaissaient ce dessinateur ou ce membre de la rédaction en essayant de ne pas sombrer. Et là, c’est juste une réaction humaine à un événement inhumain… que faire à part pleurer ? C’est à pleurer. Et encore, pleurer n’est pas suffisant… C’est une sorte de sidération funeste qui compense comme elle peut l’incompréhension. C’est un moment abyssal où tout journaliste, quel que soit son domaine de compétence, touche le fond. Je suis journaliste de mode, mais je connais les dessins de Charlie Hebdo. Ils m’ont fait rire la plupart du temps. A travers ces dessins, ils disaient. Ils disaient à leur façon et cela m’a toujours rassurée. Car je crois, j’en suis sûre, que les journalistes, tous les journalistes sont liés par le lien insécable de la parole.

« Leur liberté d’expression m’a donné mon plaisir d’écrire »

J’ai toujours eu une grande admiration et surtout de la gratitude pour les journalistes qui racontent la crudité de la réalité et la cruelle gravité du monde. Les journalistes d’investigations ou de guerre, les reporters, les éditorialistes et aussi bien sûr les très sains journalistes pamphlétaires et autres humoristiques lumineux. Car dans cette chaine de la parole « envers et contre tout», toutes ces personnes me donnaient l’autorisation à moi, de dire qu’une robe était belle… C’est parce qu’un journaliste raconte la conscience sombre du monde, qu’un autre journaliste peut aussi en décrire la légèreté et l’essentielle superficialité… C’est parce qu’il y a des journalistes qui mettent leur vie en danger ou des dessinateurs lucides (ils m’ont tellement fait rire, Cabu, Wolinski, Charb…) que je peux me permettre d’être légère. L’un ne va pas sans l’autre… C’est parce qu’ils sont là que je suis là… Je suis triste, car ce sont des modèles qui sont partis ce soir, des rêves de gens intègres, confiants de leurs paroles et toujours enthousiastes dans leur façon de l’exprimer. Je les remercie pour leur voix que j’ai toujours considérée comme une protection. Leur liberté d’expression m’a donné mon plaisir d’écrire. Je leur suis en suis infiniment reconnaissante et je me sens seule…

voir aussi: robes de soirée pas cher
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